Je veux...

Je veux...
- Mais tu m'énerves avec ton enthousiasme, tu vois toujours le bon côté des choses, moi j'ai pas de bon côté, c'est ça que t'as pas saisi, je veux être seule, rien attendre, rien espérer, dormir, fumer des clopes, manger, hiberner, ne pas penser, ne pas réfléchir, laver par terre avec des lingettes Cif, jouer à Dinosaurland sur mon ordinateur, lire des vieux Elle, des vieux 20 ans, des romans que je connais par c½ur, souligner toujours les même phrases, regarder la télé, boire du lait, manger du pain trempé de thé et danser, danser toute seule parce que devant les autres je peux pas, c'est comme une partouze, c'est répugnant, ne pas pleurer, ne pas rire, me faire masser, être caressée, sans réciprocité, inerte, le plus inerte possible sous les doigts de la masseuse que je paie pour cet abandon-là, ronronner, m'endormir !
- C'est ça. Comme tes chats, quoi. Formidable !
- Oui, formidable je suis un chat formidable ! Je t'ai déjà dit que ma mère me tenait en laisse ? C'était la mode, un lien autour de la taille, elle me ramenait à elle pour traverser la rue, ça choquait les bourgeois, elle m'habillait en noir, les gens l'insultaient, c'était génial.
- Arrête Louise, t'es pas drôle maintenant.
- Je sais que je suis pas drôle, je te quitte.
- Non, tu ne me quittes pas.
- Si.
- Non. Je t'aime.
- C'est nul de dire ça, c'est la phrase la plus bête du monde. Moi je ne t'aime pas, je ne t'aimerai jamais, je n'aimerai plus jamais personne.
- Il t'a bousillée, Adrien.
- Ca ne te regarde pas.
- Ca me regarde. Parce que je t'aime.
- Non tu ne m'aimes pas, je ne veux pas que tu m'aimes, j'ai le c½ur tout sec, moi, tout rassis.
- Je vais l'arroser, ton c½ur. Je vais l'arroser, tu vas voir. Viens, viens près de moi, là, voilà...
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# Posté le dimanche 05 juillet 2009 12:02

Modifié le lundi 28 septembre 2009 13:54

Gad Elmaleh

Gad Elmaleh
En plus les douaniers, ils sont pas là pour arranger les choses, parce qu'avec la psychose du terrorisme, les mecs, ils sont parano ! ils deviennent fous, ils sont à deux doigts d'te faire une radio des poumons quand tu prend l'avion! J'te jure, tu veux faire un scanner, ne vas pas chez le médecin, hein ! Tu vas à l'aéroport, tu dis : "Bonjour, j'ai caché des choses dans ma tête, c'est là ?" Viens là ! Hop la ! Ils ont une question très bien, les douaniers, aussi. J'l'adore cette question, c'est quand ils te disent : "Bonjour, est-ce que quelqu'un que vous ne connaissez pas vous a donné quelque chose ?" Moi j'leur dis : "Monsieur même les gens que je connais très bien me donnent rien du tout..."


Et y a un truc qui m'énerve quand tu prends l'avion. C'est qu'à chaque fois que tu prends l'avion, l'hôtesse elle prend ton carton d'embarquement pour quoi faire ? Pour te dire par où il faut marcher dans l'avion ! Elle regarde et dit ; "Allez-y, c'est par là". Bah, ça va, je sais, y a pas de feintes, hein ? Tu crois quoi ? J'vais y aller tout seul, au bout de cinq minutes j'vais dire "Oh nan, j'aurais dû demander ! Mais c'est un vrai labyrinthe !" Tu crois qu'j'vais me mettre dans le truc des bagages ou quoi ?


OH MERDE ! ILS ONT MIS DU SCOTCH !


Gad Elmaleh <3

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 12:07

Modifié le lundi 28 septembre 2009 13:53

Je sais...

Je sais...
J'ai cent ans et le sentiment de savoir tout ce qui se passe dans la tête des gens. J'ai appris la naissance et la mort sans qu'on me les explique. Je sais quand un homme séduit une femme, je sais quand un commerçant me vole, je sais quand quelqu'un va pleurer. Et je touche trois fois la commode, sinon ma mère va se tuer, et je vérifie quatre fois sous mon lit, sinon mon père ne va pas rentrer. J'ai la terre entre mes mains ; sans moi pour la faire rouler, il y a longtemps qu'elle aurait fini de tourner. Enfant précoce, enfant sage, enfant attentif, que n'ai-je reçu comme lauriers et entendu comme compliments. Pour moi, je suis anormal, imbibé par la vie des autres comme si la mienne était menacée et que je devais, à tout moment, vérifier que l'ennemi n'est pas prêt. Je ne sais pas ce que c'est que de s'amuser, jouer dans sa chambre et échanger des billes. Mes billes sont mes billes, je ne veux pas qu'on me les prenne. Si on m'aime, je n'aimerai pas, si on ne m'aime pas je me roulerai par terre, de rage et nu pour qu'on me voit. C'est toujours au vide que je m'adresse et je remplis l'avenir d'espoirs que je tiendrai pas. D'ailleurs, quand j'aurai fini l'école, je deviendrai chercheur ou un métier comme ça ; je leur montrerai que chez moi, le gros, c'était mon cerveau. J'avais du cerveau en pagaille et partout, jusqu'autour des genoux. Ceux qui me traitent de lard seront fort aises un jour que je guérisse leurs misères. Je serai un gros docteur repéré entre mille. On dira Son charisme et non plus Ses carences. Je serai maître du monde. Ou alors assassin.
Et ce que je voulais par-dessus tout, c'était qu'on m'enterre sur le ventre. On demande toujours aux morts de dormir sur le dos, les yeux collés, la bouche ourlée. Les mains serrées autour d'un chapelet. On demande aux morts de se tenir raides, et moi je voulais dormir en boule. Je ne voulais pas qu'on me mette le feu. Je voulais que, dans le cercueil, on m'installe sur le ventre, les deux poings serrés sur le nombril. Mon nombril. Je prendrais ensuite l'éternité pour essayer de défaire le noeud .
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# Posté le dimanche 05 juillet 2009 12:11

Modifié le lundi 28 septembre 2009 13:59

Ton invitation de Louise Attaque

Ton invitation de Louise Attaque
J'ai accepté par erreur ton invitation. J'ai dû me gourer dans l'heure, j'ai dû me planter dans la saison... Tu sais, j'ai confondu avec celle qui sourit pas mais celle qui est belle bien entendu et qui dit belle dit pour moi. Tu sais j'ai pas toute ma raison, tu sais, j'ai toujours raison. Tu sais j'suis pas un mec sympa et j'merde tout ça, tout ça... Tu sais j'ai pas confiance, j'ai pas confiance en moi. Tu sais j'ai pas d'espérance et je merde tout ça, tout ça... Si tu veux on parle de toi, si tu veux on parle de moi. Parlons de ta future vengeance que t'auras toi sur moi, disons entrecoupé de silence. Qu'on est bien seul pour une fois... Qu'on est bien parti pour une danse, ça ira pas plus loin tu vois... Reste à savoir si on trace un trait, un point dans notre espace. Tu sais j'ai pas toute ma raison, tu sais j'ai toujours raison.

Ton Invitation - Louise Attaque

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 12:17

Modifié le lundi 28 septembre 2009 14:01

Serres-moi de Tryo

Serres-moi de Tryo
Embrasses-moi dessus bord , viens mon ange, retracer le ciel ! J'irai crucifier ton corps, pourrais-je dépunaiser tes ailes ? Embrasser, te mordre en même temps, enfoncer mes ongles dans ton dos brulant, te supplier de me revenir et tout faire, oh tout, pour te voir partir... Et viens, emmènes-moi là bas, donnes-moi la main que je ne la prenne pas. Ecorche mes ailes, envoles-moi et laisses-toi tranquille à la fois. Mille fois entrelassons-nous et lassons-nous même en dessous. Serres-moi encore, serres-moi jusqu'à étouffer de toi. Il y a des salauds qui pillent le coeur des femmes et des femmes qui n'savent plus trop d'où l'amour tire son charme. Papillons de fleurs en fleurs d'amour en amour de coeur, ceux qui n'ont qu'une étoile ou ceux qui brûlent leur voiles... J'aime tes larmes quand tu aimes ta sueur, le sang, rendons-nous amants qui se passionnent, qui se saignent, j'aime quand mon écorché est vivant. Je ne donne pas long feu à nos tragédies, à nos adieux. Reviens-moi, reviens-moi, tu partiras mieux comme ça. A force de se tordre, on en finirai par se mordre, à quoi bon se reconstruire quand on est adepte du pire malgré nous ? Malgré nous à quoi bon se sentir plus grand que nous ? Deux grains de folie dans le vent, deux âmes brûlantes, deux enfants... Il y a des salauds qui pillent le coeur des femmes et des femmes qui n'savent plus trop d'où l'amour tire son charme. Papillons de fleurs en fleurs d'amour en amour de coeur. Ceux qui n'ont qu'une etoile ou ceux qui brûlent leurs voiles.

Serres-moi - Tryo

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 13:17

Modifié le lundi 28 septembre 2009 14:06

Toi

Toi
Ecoute. Nous ne nous ressemblons pas, tu sais. Toi, tu ne rougis pas. Tu ne te cache pas derrière tes cheveux. Toi. Si tu me ressemblais je ne saurais t'aimer. Mais tu es différente : Plus forte et Plus Fière. Tu crois que je t'aime mais tu as tort. Ce n'est plus vraiment un choix. C'est un Besoin. Alors parfois, quand tout devient trop rouge, trop salé ; je joue à me convaincre que J'y arriverai seule. Mais. Tu as, trop souvent, défroissé ma Peau. Démêlé mes cheveux. Relevée. Tu ne sais pas que l'autre Nuit, tu dormais comme une femme. Moi je te regardais en enfant. Je me disais que j'aimerais que tu sois ma Mère. Ou ma Fille. Je ne sais plus, il se faisait tard. Mais je me souviens que j'ai eu besoin de me lever boire un peu d'eau. De me rassurer aussi. Me dire que tu n'allais pas disparaître sous ton Drap. Que tu n'allais pas me laisser toute petite et toute laide. Tu sais que j'ai peur de perdre ma Liberté. Tu sais que je garde mes petits Maux pour moi. Mais j'accepte d'être prisonnière. Je dépends de toi.
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# Posté le dimanche 05 juillet 2009 13:32

Modifié le lundi 28 septembre 2009 14:10

Manon

Manon
Manon, Tout le monde ici s'interroge sur la mystérieuse Manon de la gourmette. Et cette question stupide : "C'est ta meilleure amie ?". Promis, la prochaine fois je répondrai : "Non, Manon n'est pas ma meilleure amie, Manon est l'amour de ma vie.". Manon, s'il te plait, pense très fort à moi et peut-être alors je sentirai ton odeur, peut-être que la caresse de tes cheveux effleurera mes doigts et que les tintements de ton rire parviendront à mes oreilles. C'est comme une prison le monde tu sais. Coincé entre le ciel et la terre, avec comme horizon une étendue plane et vertigineuse. C'est comme une prison. Pourtant une liberté illusoire transparaît dans les Hommes possédés. Possédés de la plus belle façon qu'un Homme peut être possédé. Quand on aime si fort quelqu'un, Manon, on ose croire un instant qu'il y a une place pour nous dans ce monde. Que peut-être cet arbre se nourrit de notre souffle, que ces graines ont besoin de notre poids pour germer et grandir. Mais surtout ce qu'apporte l'amour, c'est le sentiment euphorique de penser qu'à chaque instant un coeur bat pour nous. Tu es un peu comme une issue pour moi, une fenêtre ouvrant sur quelque chose d'autre, de différent et personnel. Regarde le ciel, Manon. Le monde est à toi. Regarde-le mieux s'il te plait. Regarde-le comme si c'était la première fois que tu le voyais. Rien n'est impossible. Alors si bientôt je quitte ce monde, vois le ciel comme un sourire de ma part. Un interminable sourire. Et même la nuit, je resterai ton étoile enfantine et fragile ; parce que je t'aime et que mon amour est comme un oiseau blanc. Un oiseau léger, libre et sauvage.
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# Posté le dimanche 05 juillet 2009 13:34

Modifié le lundi 28 septembre 2009 14:12

Chez nous

Chez nous
Chez nous on hurle pour se faire entendre et chaque Discussion devient Débat. Chez nous les filles sont brunes et grandes. Les caractères épineux. Chez nous on croit encore voir les Berceaux alors que deux chambres déjà sont vides. Chez nous on s'aime bruyamment pour cacher la gêne. On pousse les Meubles du Salon et on s'assied pour chanter Noël. Chez nous on se vole nos vêtements. Chez nous on danse dans le couloir et fait sourire les Voisins. Les portes Valsent et le Parquet ne sait plus son nom. On se déchire inlassablement. Sur un air d'Opéra. Comme un brouillon d'abord en 2, en 4, 6, 28. Et puis on se tombe dans les Bras en brisant quelques verres. Chez nous on roule dans les Vagues, on peint les galets. On a de vieux prénoms poussiéreux. Chez nous on se serre les uns contre les autres pour se réchauffer un peu. Chez nous il y a plus de tableaux que de murs. On rit de la blague de Papa. Encore une que Maman ne comprendra jamais. On roule trop vite en voiture et on ne s'arrête pas aux péages. Chez nous On passe la tête par la Fenêtre. Chez nous on a les cheveux indépendants et le verbe assasin. Chez nous On saute sur les lits et on casse les lattes. Chez nous les murs sont striés d'éclats de rire, les rideaux imbibés de larmes. On se bouffe les uns les autres. On s'empêche de vivre.
Et d'Oublier aussi.

Chez nous on aime se haïr comme ça et On hait s'aimer autant.
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# Posté le dimanche 05 juillet 2009 13:36

Modifié le lundi 28 septembre 2009 14:15

Eh toi que j'aime !

Eh toi que j'aime !
Je n'étais rien, ou bien quelque chose qui s'en rapproche. J'étais vain et c'est bien c'que contenait mes poches... J'avais la haine, un mélange de peur, d'ignorance et de gêne. Je pleuvais de peine, de l'inconsistance de ne pas être moi-même. J'étais mort et tu m'as ramené à la vie. Je disais "J'ai, ou je n'ai pas." ; tu m'as appris à dire "Je suis". Tu m'as dit : "Le noir, l'arabe, le blanc ou le juif sont à l'homme ce que les fleurs sont à l'eau". Oh, toi que j'aime et toi, que j'aime. J'ai traversé tant d'avenues, tellement attendu ta venue qu'à ta vue, je ne savais plus si c'était toi, si c'était moi, si c'était toi... Eh, toi que j'aime ! Je crée ton nom dans le désert des villes que j'traversais car sûr de ton existence, je savais que tu m'entendrais. Et, toi, que j'aime, Oh, toi... que j'aime. Ni la rue, ni les drames, ne m'ont voilé à ta vue même au plus bas, même quand j'disais que tout était foutu ! Je t'aimais comme si je te voyais car si je ne te voyais pas, je savais que j'étais vu par toi. Et, toi que j'aime. Tu es un lion et ton coeur est un soleil. L'ultime secours de ceux perdus dans leur sommeil. Et, toi, que j'aime, Oh, toi... que j'aime. Je n'étais rien, ou bien quelque chose qui s'en rapproche, j'étais vain et c'est bien c'que contenait mes poches. J'avais la haine, un mélange de peur, d'ignorance et de gêne. Je pleuvais de peine, de l'inconsistance de ne pas être moi-même. Tu es, tu es l'alchimiste de mon coeur. Et, toi, que j'aime, Oh, toi... que j'aime. Eh.... oh, toi que j'aime...

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 13:39

Modifié le lundi 28 septembre 2009 14:18

Tu es l'éternel vainqueur de ta vie

Tu es l'éternel vainqueur de ta vie
"- Qui es-tu ?

- Moi ? Putain, si tu savais. Attends, attends. Je rigole, juste une fois, c'est promis. Et je prends ma respiration. Attention, attention. Haha. Moi, je suis l'homme le plus banal que tu croiseras dans ta vie. Ce qui fait sûrement toute mon originalité. J'ai une vie banale absolument palpitante. Je suis beau mais je ne le sais pas. Cette phrase prouvant que le fait de ne pas le savoir me permet d'en avoir conscience, en somme. Pourtant j'ai rien demandé moi. C'est très con, hein ? Oui, c'est moi. Je suis une sorte de mec, en fait. De la race des arrogants aux voies impénétrables. Le genre beau-parleur grossier mais charmeur. Mal rasé sourire placardé sur la gueule, sans savoir pourquoi. Qui déblatère une quantité impensable de conneries. Qui s'amuse. Beaucoup. Qui passe sa vie à s'amuser, en fait. Regarde, je m'amuse avec toi. Merde. Je prends mon pied. Je suis l'homme qui connaît les femmes. Qui les connaît beaucoup trop bien. Trop, tu remarqueras. Trop n'est pas très. Et trop est surtout chiant si tu veux tout savoir. Parce que du coup je m'amuse moins. Et moi je ne veux que m'amuser. Il existe un adage qui dit
"Toutes les mêmes". J'aime bien les mecs qui le crient à tort et à travers. Tas d'inconscients. Mais moi j'adore les inconscients. Je m'amuse, avec eux. Oui je sais, je ne suis qu'un môme à toujours m'amuser. Putain mais ouais, à quoi bon grandir si c'est pour devenir vieux et con. Puisque j'ai le choix je préfère rester jeune et con. Comme la chanson. Très conne elle aussi. Mais je m'égare, excuses-moi. Pour une jolie paire d'yeux, ou de fesses d'ailleurs, je peux très bien passer de Sinatra à America. Parler avec de jolis mots sortis d'on ne sait où, qui résonnent comme des caresses à tes oreilles et enchantent tous tes sens. Ou bien ne pas parler, mais plutôt vociférer quelques inepties arrogantes et pitoyables. C'est facile. La vie est facile à mes yeux. Je me lasse très vite de tout ce que je capte. Ma vie est donc en perpétuel renouveau. J'aime par intermittence, mais je ne sais ni aimer ni ce qu'est l'amour. Je passe mon temps à rire et sourire, mais je ne sais pas ce qu'est le bonheur. Tout en ignorant absolument tout des rudiments du malheur. Je suis une contradiction saisissante, une sorte de cauchemar irréel, envieux et enviable. Une expérience dont on ne sort pas indemne. Dans la rue, je cours, je marche. Je chante "You Know I'm No Good", sonnant tel un avertissement, mais personne n'y prête attention. Alors ce sourire en coin, me gagne, et les larmes chaudes glissent sur mes putains de joues. J'ai jamais compris ce phénomène, et je déteste le regard des gens apitoyé. Non, pardon, je l'adore. Encore une fois, tu vois, je les capte. C'est tellement simple. Merde. Je suis jeune. Inconnu. Et surtout libre. L'insaisissable intrigue, tu ne le savais pas ? Lorsqu'on m'attrape, je disparais aussitôt. Mais je parle, je parle, et ma salive s'évanouit comme les aiguilles tournent. J'imagine que désormais tu veux partir, ce qui en soit n'est pas un réel problème, me privant seulement de ces lèvres fines appelant au baiser, de ces longues jambes interminables qui ne me donne qu'une envie, les caresser, et surtout, de cette putain de magnifique poitrine qui m'aura fait rêver toute la soirée. Et ce qui est aussi tout à fait compréhensible maintenant que je t'ai obnubilé pendant ces, sûrement, longues minutes à tes yeux. Ah oui, je ne t'ai pas dit, je suis aussi particulièrement pervers. En fait, je suis ce que tout le monde déteste mais désire. Au final, je suis une descente aux enfers, brûlante comme un tison ardent, tu vois. Allez, brûle-toi.

- A mon tour de rire. Je devrais dire quelques chose du genre,
"Pour faire simple, tu es un vrai connard en fait". Tu répondrais sûrement, dans toute ton arrogance, "C'est bien moi" et là se finirait l'histoire. Je repartirais chez moi, tu continuerais ta vie minable et dépravée, et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ta gueule, c'est moi qui parle. Car non, malheur de malheur, Ô déception, enfer et damnation, tu es tombé sur plus intelligent que toi. Une femme de surcroît. Quelle honte n'est-ce pas ? Haha. Je ris moi aussi, mais pas jaune. Noir. Est-ce que tu t'es déjà posé la question, la fameuse question, ne serait-ce qu'une seule fois ? Pourquoi ? Pourquoi fais-tu tout ça ? Pourquoi, hein ? Que caches-tu derrière ce masque de bonheur utopique et d'arrogance insatiable ? A quoi bon répandre le mal grâce à ce sourire, certes irrésistible ? Ta gueule. A quoi bon jouer un jeu auquel tu sais pertinemment être le seul participant ? Tu t'es formé un jeu propre, un univers fermé. Et ce pourquoi ? Parce que tu as peur. Hahaha, oui, toi tu as peur. Et tu as beau te le cacher, tu le sais parfaitement. Peur de perdre cette liberté comme tu dis, peur de ne pas plaire, peur d'être toi-même, peur de marcher la tête haute, peur d'entrer dans le monde réel, peur de ne plus être un parfait inconnu, peur de ne plus oublier le prénom de la pouffiasse que tu viens de draguer au profit de son tour de poitrine, peur de trouver un point d'ancrage, peur de te livrer, de te dévoiler, peur de tellement d'autres choses. Mais surtout. Tu as peur d'aimer. Tais-toi, putain. Tu sais que j'ai raison. Et moi je sais que tu échafaudes déjà dans ta petite tête tordue mais infiniment intelligente, ça il faut bien te le reconnaître, quelques répliques cinglantes et un échappatoire qui te permettra une fois de plus de te sortir de ce merdier, de cette situation désespérée. Tu passes ton temps à regarder, analyser, comprendre, déchiffrer. C'est ce qui te rend peut-être un peu moins con que la moyenne. Mais ce n'est pas ce qui t'élèves au-dessus du lot. Tu n'es qu'un aveugle. Tout au mieux borgne. Car à force de gymnastique intellectuelle, tu en perds l'essentiel : la simplicité. Pourquoi tout faire compliqué. Ah oui, pour impressionner, excuses-moi. Et bien, tu ne dis plus rien ? Ce doit être la première fois que ça t'arrive, hein ? Mais vas-y bordel, attaques-moi, sois dur, comme toujours. Prononce ces mots, tes mots, qui te permettent d'éloigner quiconque approcherait de trop près ton petit jardin secret. D'éloigner en faisant mal. Tu les connais ces mots qui te donnent le pouvoir d'être détesté et adulé, alors vas-y, qu'est-ce que tu attends ? Frappe, fais-moi mal, remets-moi à ma place. Tu sais que tes putains de racines sont en train de me gagner, toi l'homme froid, stoïque, irrésistible, alors vas-y dépêches-toi avant qu'il ne soit trop tard. Allez, donne tout ce que t'as, sois exécrable, empêches-moi de t'aimer, mais surtout, ne me sors pas une phrase du genre "Vas, je ne te hais point". Nul besoin de prouver que tu es un minable petit poète, je crois que tout ce que tu récolterais serait une claque monumentale. On récolte ce que l'on sème, n'est-ce pas, puisque tu aimes bien les adages de bas-étages. Regarde, moi aussi je peux entremêler les lettres dans des rimes fantasques, et te captiver comme tu aimes tant le faire mais comme tu détestes tant l'être. Et merde, maintenant avec tes conneries j'ai tellement peur de ne plus jamais pouvoir partir et oublier tes yeux. Finalement, tu as encore gagné. Tu es l'éternel vainqueur de ta vie. Et c'est ce qui la dénude totalement de sens."

# Posté le dimanche 05 juillet 2009 13:44

Modifié le lundi 28 septembre 2009 14:25